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Nos coureurs, leurs histoires

Course pour les femmes et filles autochtones disparues et assassinées

Rosalie Fisher avec une empreinte de main rouge sur son visage
Flèche vers le bas
Flèche vers le bas

Faith E. Briggs, codirectrice de la série « Who is a Runner », partage un essai sur la coureuse autochtone Rosalie Fish et affirme que nous pouvons tou-te-s faire mieux pour défendre la justice sociale.

La course a été l’un de mes plus grands professeurs et l’une de mes plus longues relations. C’est en grande partie grâce aux personnes incroyables que j’ai rencontrées et qui utilisent la course à pied, le mouvement de leur corps, comme un mouvement.

Dans « Who is a Runner (Comment l’on définit qui est un coureur ou une coureuse) », une collaboration entre Camp4 Collective et Brooks, nous mettons en lumière des voix qui défendent la justice sociale par le biais de la course à pied.

Dès que nous avons commencé à réfléchir à cette série, nous avons su que nous voulions amplifier le militantisme de Rosalie Fish face aux statistiques stupéfiantes et à la réalité de l’épidémie de disparitions et de meurtres de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones (MMIW ou MMIWG2S). La puissance tranquille de Rosalie ne ressemble à rien de ce que j’ai pu voir, et nous sommes honoré-e-s qu’elle soit le sujet de notre deuxième film de la série « Who is a Runner ».

Gros plan de Roslaie Fisher avec une empreinte de main rouge sur sa bouche

La disparition et l’assassinat de filles et de femmes autochtones est une épidémie très répandue. Quatre femmes autochtones sur cinq subiront des violences, souvent sexuelles, au cours de leur vie. Ces types de chiffres accablants et négatifs sont souvent appelés statistiques déficitaires. En tant que femme afro-américaine, je comprends ce que c’est que de grandir dans une vie contextualisée par des statistiques de déficit.

Pour les jeunes femmes autochtones comme Rosalie, cela signifie voir des amies et des membres de la famille disparaître. Cela signifie avoir peu de foi dans le fait que les forces de l’ordre peuvent ou vont faire quelque chose pour assurer sa sécurité. Cela signifie se sentir en danger tous les jours de sa vie.

Je pense que vivre dans l’ombre de ces statistiques imminentes a un impact profond sur l’estime de soi des individus et la positivité des communautés. Comment quantifier la façon dont le monde vole la confiance avant même qu’elle ne puisse s’épanouir chez les jeunes? Comment peux-tu pleinement rêver de ce qui est possible pour soi et nos proches quand l’on vit avec des statistiques comme celles-ci et que l’on en voit les preuves dans notre communauté?

Rosalie se bat chaque jour pour s’épanouir face à ces statistiques déficitaires. Elle court dans une école de Division 1, fait des études supérieures et a déménagé pour être plus proche de sa famille en faisant du gardiennage et en lui apportant un soutien quotidien. Son travail pour rester en sécurité et heureuse, pour poursuivre ses rêves et pour montrer son talent ne devrait pas être une exception. Une jeune femme autochtone ne devrait pas avoir à être exceptionnelle pour avoir confiance en qui elle est et être fière de ses origines.

quatre femmes qui sourient

Malheureusement, nous vivons dans une société où les personnes issues de communautés historiquement marginalisées, qu’elles soient autochtones, PANDC (personnes autochtones, noires et de couleur ou BIPOC), handicapées, LGBTQIA+, minorités religieuses et bien d’autres, subissent une pression immense pour être exceptionnelles. Et la réussite de certaines personnes au sein de ces communautés est souvent présentée comme la preuve que nous ne vivons pas dans des systèmes injustes.

La réalité est que nous vivons dans des systèmes injustes. C’est notre système juridique, construit dans le cadre d’un racisme permanent et d’un colonialisme historique, qui a créé l’épidémie de MMIW.

Les raisons de l’épidémie de MMIW sont profondément enracinées. Les principales causes sont le racisme, l’hypersexualisation des femmes et filles autochtones, la proximité de la violence et le manque de justice qui en découle pour les femmes et filles autochtones. Nous avons fait ce film car nous pensons que la sensibilisation à la crise est faible.

En écrivant ce texte d’accompagnement, j’espère qu’en comprenant les causes sous-jacentes, nous pourrons, en tant que complices solidaires, nous attaquer aux causes et vaincre l’épidémie de MMIW. Les pertes de vies et l’impact sur les communautés sont déchirants. L’un des aspects les plus tristes de ce problème? C’est qu’il peut être évité.

Rosalie faisant l’empreinte de la main sur son visage
Rosalie se peint la main en rouge
Rosalie qui court

Racisme

Sans surprise, le racisme est l’une des plus grandes causes des disparitions et meurtres de femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones. Les colonisateurs du territoire que l’on appelle maintenant les États-Unis se sentaient supérieurs aux personnes qu’ils ont trouvées ici lorsqu’ils ont immigré. Malgré de nombreux récits sur la façon dont les tribus autochtones ont aidé les premiers colons à survivre, ces derniers estimaient avoir un droit sur les terres qu’ils avaient « découvertes. » 

Le racisme fait partie du tissu de la vie autochtone depuis l’arrivée de ces colonisateurs. La guerre, la violation des traités, la violence et les mensonges ont été utilisés pour maintenir le pouvoir sur des populations autochtones décimées afin d’établir ce pays tel que nous le connaissons. Ce racisme n’a cessé de se manifester pour s’assurer que les peuples autochtones n’avaient pas la capacité de se protéger eux-mêmes.

La déshumanisation des peuples autochtones fait partie de l’imaginaire américain, et le film « Pocahontas » en est un excellent exemple. Dans le film, une chanson chante « Sauvages, sauvages, à peine humains » et désigne les Autochtones comme « de sales petits païens ».

Les enfants des États-Unis ont grandi en écoutant et en chantant ces chansons. L’idée de pouvoir « apprivoiser » un « sauvage » est enseignée dans « Pocahontas » et dans d’autres récits grand public sur les Autochtones créés par des conteurs et conteuses allochtones. Ces histoires sont encore regardées et ces chansons sont encore chantées par les enfants américains aujourd’hui.

Rosalie courant sur la plage
Rosalie courant sur un sentier

Cette lentille par laquelle les Autochtones sont vus a un impact continu sur leur souveraineté. En ce qui concerne les disparitions et meurtres de femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones, par exemple, des lois ont été créées pour que les nations autochtones souveraines ne puissent pas poursuivre les coupables allochtones.

Ironiquement, la réduction des droits légaux des nations autochtones était enracinée dans la crainte que les non-chrétiens les traiteraient injustement. L’ironie réside dans le fait que les colons avaient déjà fait cela aux peuples autochtones.

En 1885 (The Major Crime Act), en 1953 (Public Law 83-280), en 1968 (The Indian Civil Rights Act) et en 1978 (Oliphant v Suquamish Indian Tribe), le gouvernement fédéral a adopté des lois pour limiter continuellement le pouvoir légal des nations autochtones. Même si 90 % des responsables de violences contre les femmes autochtones sont des personnes allochtones, ces nations souveraines n’ont pas été légalement habilitées par le gouvernement américain à protéger leur peuple. Les lois changent lentement.

L’opinion publique peut aider à la sensibilisation aux droits tribaux. Pour que davantage de femmes et de filles soient en sécurité, nous devrions plaider en faveur d’une législation au niveau de l’État qui obligerait les coupables de violences à faire face aux véritables conséquences juridiques de leurs actes.

Hypersexualisation

Les mêmes sentiments de supériorité culturelle, alimentés par des valeurs protestantes désuètes, ont créé une culture d’hypersexualisation des femmes autochtones. « Pocahontas » est, encore une fois, un exemple malheureux. Dans la version animée populaire, une fille de 14 ans est présentée comme une femme adulte mature qui choisit de devenir amoureuse du « héros » John Smith. L’histoire réelle est très différente.

Pourtant, de telles représentations cinématographiques persistent dans l’imagination des Américain-e-s et se sont même transformées en costumes populaires pour Halloween. L’industrie de la mode perpétue également cette hypersexualisation des femmes autochtones en présentant des mannequins à peine vêtus de « lingerie d’inspiration autochtone » et de spectaculaires coiffes à plumes. Ces caricatures stéréotypées des « femmes autochtones sexy » ont un impact réel sur la façon dont les femmes autochtones sont vues et traitées.

Rosalie courant sur le sentier
Rosalie courant sur un sentier

Responsabilité et camps d’hommes

L’une des situations les plus dangereuses pour les femmes autochtones est lorsque des camps de logements temporaires, généralement destinés à des travailleurs majoritairement masculins travaillant dans les industries extractives (les personnes et les entreprises qui extraient le pétrole, le charbon, les métaux et d’autres ressources naturelles de la terre), sont établis le long de réserves autochtones.

Ces camps d’hommes ont une population fluide et transitoire qui est temporaire et en perpétuel mouvement, ce qui rend le suivi et la responsabilisation difficiles. Les industries extractives se trouvent souvent à côté des réserves, et les tribus luttent depuis des décennies contre cette proximité et la pollution qui l’accompagne.

Aller de l’avant

En plaidant pour une souveraineté accrue des nations tribales, en refusant de participer à l’hypersexualisation des femmes et des filles autochtones dans la culture américaine et en dénonçant les dangereux camps d’hommes créés par les industries extractives, nous pouvons lutter contre les disparitions et meurtres des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones.

À 14 ans, Rosalie avait déjà été témoin de la violence et de disparitions de femmes dans sa propre famille. Elle utilise sa douleur, sa peur et la force qu’elle a trouvée dans son propre corps pour continuer à avancer sans oublier ce qui se trouve derrière elle.

Gros plan d’une main rouge peinte sur le visage de Rosalie

Le militantisme de Rosalie s’adresse aux jeunes femmes des communautés autochtones. Il est également destiné aux camarades, allié-e-s et complices potentiel-le-s qui entendront son message, entendront ces statistiques et se lèveront en solidarité pour aider.

Notre objectif est d’amplifier le travail important de Rosalie et d’apporter des éclaircissements sur les raisons de cette crise. Nous envisageons le même avenir que Rosalie et tant d’autres, un monde dans lequel il n’y a pas de crise MMIWG2S.

Soyez solidaires des militant-e-s MMIW et des leaders autochtones. Informez–vous, sensibilisez les gens et partagez les ressources ci-dessous.

Remarque : Les liens tiers suivants ne sont pas affiliés à Brooks :